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Il a été fondé en 1991 à la suite de la dissolution du Syndicat de l’enseignement de la région des Milles-Îles (SERMI).  Cet immense syndicat  de près de 8 000 membres regroupait à l’époque les enseignants, du personnel de soutien et un groupe de professionnel.

Le territoire du SERMI comprenait les quatre commissions scolaires de la région de Vaudreuil-Soulanges, les quatre commissions scolaires du territoire de la Commission scolaire régionale Blainville et Deux-Montagnes, tous les enseignants de la région des Moulins (Terrebonne) ainsi que la Commission scolaire des Milles-Îles et la Commission scolaire des Écores, deux des trois commissions scolaires situées sur l’île de Laval.

Le SERMI avait été fondé au début des années 70, quelques années après la création du ministère de l’Éducation, un peu au moment où les commissions scolaires régionales ont vu le jour.  Le sentiment qui à l’époque animait l’esprit des fondateurs du SERMI était qu’en se regroupant le syndicalisme enseignant pouvait plus adéquatement faire face à l’organisation des structures régionales des commissions scolaires et au mouvement qui s’amorçait de centraliser l’éducation au niveau national à la suite de la création du nouveau ministère de l’Éducation.  C’était l’époque des grands projets et des grands regroupements, moment également de la construction du Québec moderne.

Il faut se souvenir que jusqu’en 1963-1964, chaque municipalité ou presque au Québec possédait sa propre commission scolaire et que les conditions de travail et les salaires des enseignants étaient tributaires  de l’état de la richesse du territoire ou de la municipalité à laquelle la commission scolaire était rattachée.

Le regroupement du SERMI a mené les grandes luttes syndicales des années 70 et 80, mais vers la fin des années 80, le conseil d’administration du SERMI a dû se rendre à l’évidence que cette super structure ne répondait plus ou très peu, en dehors des services  techniques  qu’elle  offrait,  aux  besoins  de  chacun  des  regroupements syndicaux locaux. 

La ferveur syndicale des années 70 ne s’y retrouvait plus.  Les membres se sentaient loin des décisions, leurs préoccupations quotidiennes semblaient être évacuées.  La majorité des accréditations syndicales n’était jamais présente, ni représentée aux instances nationales des fédérations ou de la Centrale de l’enseignement du Québec.  C’est d’un commun accord que les membres du conseil d’administration du SERMI ont recommandé la dissolution de cette structure ainsi que la création de syndicats locaux afin  que chaque accréditation soit en mesure de se rapprocher des préoccupations des membres.  Malgré la dissolution du SERMI, les amitiés et les liens créés entre ses différentes composantes  ont continué d’exister.  Ainsi plusieurs des accréditations syndicales locales d’enseignants qui composaient le SERMI de l’époque se retrouvent aujourd’hui à la nouvelle fédération nationale, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) et en furent  les syndicats fondateurs.  Il faut sûrement se dire que les pères du SERMI ne s’étaient pas tout à fait trompés sur le besoin d’un regroupement d’intérêt commun.

C’est dans un souci de se rapprocher des membres, de prendre le contrôle des relations de travail, de se créer un organisme syndical qui réponde aux réalités locales des enseignants que le Syndicat de l’enseignement des Seigneuries a vu le jour.  Les buts poursuivis par notre organisation syndicale tels qu’ils sont définis dans nos statuts sont : l’étude, la défense et le développement des intérêts profes-sionnels de l’ensemble de nos membres.

Malgré sa taille et ses moyens restreints, le Syndicat de l’enseignement des Seigneuries a toujours eu la préoccupation de participer, pour le bénéfice de ses membres, aux grands débats de notre société.  Ainsi, il a participé aux États généraux de l’éducation, y a présenté et défendu un mémoire.  Il a également participé à la commission itinérante sur la souveraineté du Québec de 1995 où il a également déposé un mémoire.

À quelques mois de mon retrait de la  vie professionnelle, j’espère que notre organisation syndicale continuera d’exister et de se développer.  Elle doit continuer de répondre aux besoins immédiats de ses membres en termes de relations de travail tout en protégeant des valeurs de solidarité, d’équité, de justice, de partage et d’ouverture.  Le Syndicat de l’enseignement des Seigneuries doit continuer de s’intéresser aux grands enjeux sociaux parce qu’un syndicalisme qui ne se concentre que sur les intérêts immédiats de la profession est un syndicalisme qui, à moyen terme, se coupera de sa base.

Salutations syndicale à tous,

Stéphane-André Aucoin

Président fondateur

 

 
     


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